J'ai emmené, jeudi avant les vacances, deux classes de troisième à un colloque organisé par la
mairie dont le thème était "Paix, pacifisme, pacification". Deux chercheurs au CNRS spécialisés dans les conflits au Pays Basque et en Irlande, et un professeur de Paris IV spécilalisé dans la
conflit israëlo-palestinien.
Trois heures d'écoute, sans pause. Première communication, ils n'ont rien compris, moi-même j'ai eu du mal à suivre. La seconde a été plus abordable, l'intervenant s'étant adapté à son public (si
nous n'avions pas été là la salle aurait été quasiment vide).
Un de mes élèves lève le doigt après invite de l'animatrice, déléguée à la culture à la mairie de la ville: "Est-ce que le pays basque et les Pays-Bas c'est pareil?". On lui explique,
l'animatrice demande si il y a d'autres questions, mais cette fois-ci plutôt de la part des adultes. Première baffe. Il lui a quand même fallu un sacré courage pour se lever et poser sa
question.
Le dernier intervenant prend la parole, après force baillements lors des interventions précédentes, et plusieurs aller-retours vers la sortie.
Il alapague une de mes élèves en lui disant qu'il vient de Paris, c'est pour être écouté et que lorsque l'un de ses étudiants garde son sac sur ses genoux, il lui demande de le poser ou de sortir
si ce qu'il raconte ne l'intéresse pas. Il ajoute que c'est une honte, dans notre pays, que des élèves ne connaissent pas la différence entre les Pays-Bas et la Pays Basque.
Je regarde mon collègue d'histoire-géo et d'un commun accord nous prenons la décision de nous lever et de partir; je me retourne pour le signifier au groupe d'élèves qui se trouvaient derrière
moi, lorsque mon collègue m'arrête en me disant que tout ce qu'il veut leur dire c'est la nécessité de se cultiver si ils veulent un jour pouvoir agir sur le monde.
Nous restons et écoutons ce monsieur, brillantissime, qui a laissé tomber ce qu'il avait péparé, m'a-t-il dit après, pour se rendre totalement accessible à nos élèves.
Je l'ai remercié, mais ai tout de même le regret de ne pas lui avoir dit avant ce que je pensais de son introduction un peu violente pour des mômes de ZEP qui sont restés trois heures assis sans
broncher.
Avant de partir, une dame, anciennement professeur d'Espagnol me dit:"Si vous faisiez mieux votre métier, vos élèves ne confondraient pas Pays...". Je lui propose alors de venir tester: un cours
et un contrôle à la clé.
Elle décline l'invitation.
Les élèves ont été admirables, exemplaires, en ont retiré un certain nombre de choses, et ont montré qu'ils savaient très bien se tenir, contrairement à l'image véhiculé sur notre
établissement.
Un des intervenants, admiratif, s'est proposé de venir poursuivre cette réflexion à la rentrée dans nos classes.
Bilan? Très très mitigé....




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