Mercredi 16 avril 2008 3 16 /04 /Avr /2008 11:35

J'ai emmené, jeudi avant les vacances, deux classes de troisième à un colloque organisé par la mairie dont le thème était "Paix, pacifisme, pacification". Deux chercheurs au CNRS spécialisés dans les conflits au Pays Basque et en Irlande, et un professeur de Paris IV spécilalisé dans la conflit israëlo-palestinien.
Trois heures d'écoute, sans pause. Première communication, ils n'ont rien compris, moi-même j'ai eu du mal à suivre. La seconde a été plus abordable, l'intervenant s'étant adapté à son public (si nous n'avions pas été là la salle aurait été quasiment vide).
Un de mes élèves lève le doigt après invite de l'animatrice, déléguée à la culture à la mairie de la ville: "Est-ce que le pays basque et les Pays-Bas c'est pareil?". On lui explique, l'animatrice demande si il y a d'autres questions, mais cette fois-ci plutôt de la part des adultes. Première baffe. Il lui a quand même fallu un sacré courage pour se lever et poser sa question.
Le dernier intervenant prend la parole, après force baillements lors des interventions précédentes, et plusieurs aller-retours vers la sortie.
Il alapague une de mes élèves en lui disant qu'il vient de Paris, c'est pour être écouté et que lorsque l'un de ses étudiants garde son sac sur ses genoux, il lui demande de le poser ou de sortir si ce qu'il raconte ne l'intéresse pas. Il ajoute que c'est une honte, dans notre pays, que des élèves ne connaissent pas la différence entre les Pays-Bas et la Pays Basque.
Je regarde mon collègue d'histoire-géo et d'un commun accord nous prenons la décision de nous lever et de partir; je me retourne pour le signifier au groupe d'élèves qui se trouvaient derrière moi, lorsque mon collègue m'arrête en me disant que tout ce qu'il veut leur dire c'est la nécessité de se cultiver si ils veulent un jour pouvoir agir sur le monde.
Nous restons et écoutons ce monsieur, brillantissime, qui a laissé tomber ce qu'il avait péparé, m'a-t-il dit après, pour se rendre totalement accessible à nos élèves.
Je l'ai remercié, mais ai tout de même le regret de ne pas lui avoir dit avant ce que je pensais de son introduction un peu violente pour des mômes de ZEP qui sont restés trois heures assis sans broncher.
Avant de partir, une dame, anciennement professeur d'Espagnol me dit:"Si vous faisiez mieux votre métier, vos élèves ne confondraient pas Pays...". Je lui propose alors de venir tester: un cours et un contrôle à la clé.
Elle décline l'invitation.
Les élèves ont été admirables, exemplaires, en ont retiré un certain nombre de choses, et ont montré qu'ils savaient très bien se tenir, contrairement à l'image véhiculé sur notre établissement.
Un des intervenants, admiratif, s'est proposé de venir poursuivre cette réflexion à la rentrée dans nos classes.
Bilan? Très très mitigé....

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Jeudi 3 avril 2008 4 03 /04 /Avr /2008 07:48

 Je l'attendais avec impatiente, étais éventuellement un peu inquiète: a-t-il cessé de composer? Non. Surprise en écoutant Virgin (anciennement Europe 2). Son nom, sa voix, ses textes, tragiques et lumineux comme je les aime.
Allez sur You tube, tapez Saez "Jeunesse lève-toi", un pur moment de bonheur.  

 

 

Comme un éclat de rire vient consoler tristesse

Comme un souffle avenir vient raviver les braises

Comme un parfum de souffre qui fait naître la flamme,

Jeunesse lève-toi.                                                                                        

 

Contre la vie qui va qui vient puis qui s’éteint

Contre l’amour qu’on prend qu’on tient mais qui tient pas

Contre la trace qui s’efface au derrière de soi,

Jeunesse lève-toi.

 

Moi contre ton épaule je repars à la lutte

Contre les gravités qui nous mènent à la chute,

Pour faire du bruit encore à réveiller les morts,

Pour redonner éclat à l’émeraude en toi ;

Pour rendre au crépuscule la beauté des aurores,

Dis-moi qu’on brûle encore, dis-moi que brûle encore

Cet espoir que tu tiens parce que tu n’en sais rien

De la fougue et du feu que je vois dans tes yeux…

Jeunesse lève-toi.

 

Quand tu vois comme on pleure à chaque rue sa peine,

Comment on nous écoeure perfusion dans la veine,

A l’ombre du faisceau mon vieux tu m’auras plus !

Ami dis quand viendra la crue ?

Contre courant toujours sont les contre-cultures,

Au gré des émissions leurs gueules de vide-ordures…

Puisque c’en est sonné la mort du politique

L’art est aux rêves, aux utopiques…

Pour faire nos ADN un peu plus équitables,

Pour faire de la poussière un peu plus que du sable,

Dans ce triste pays tu sais un jour ou l’autre

Faudra tuer le père, faire entendre ta voix !

Jeunesse lève-toi.

 

 

Au clair de lune indien toujours surfer la vague

A l’âme au creux des reins faut aiguiser la lame,

Puisque ici il n’y a qu’au combat qu’on est libre

De ton triste sommeil je t’en prie libère-toi ;

Puisque ici il faut faire des bilans et du chiffre

Sont nos amours toujours au bord du précipice,

N’entends-tu pas ce soir chanter le chant des morts,

Ne vois-tu pas le ciel à la portée des doigts ?

Jeunesse lève-toi.

 

Comme un éclat de rire vient consoler tristesse

Comme un souffle avenir vient raviver les braises

Comme un parfum de souffre qui fait naître la flamme

 

Quand plongé dans le gouffre on sait plus où est l’âme ;

Jeunesse lève-toi.

 

Contre la vie qui va qui vient puis qui nous perd

Contre l’amour qu’on prend qu’on tient puis qu’on enterre

Contre la trace qui s’efface au derrière de soi,

Jeunesse lève-toi

Jeunesse lève-toi.

 

 

 

 

Damien Saez, Jeunesse lève-toi,

 

 

 

 

 

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Samedi 15 mars 2008 6 15 /03 /Mars /2008 09:26

Un petit moment que je n'avais pas écrit: du travail et pas grand chose à raconter. La rentrée des vacances a été dure, pas envie. Il y a longtemps que cela ne m'était pas arrivée. Et puis, on retrouve les élèves, le contact se renoue, et la machine se remet en route. Une petite anecdote. Mon fils est au lycée, dans la même classe q'une ancienne élève du collège, que je n'ai pas eue en cours de français, mais en théâtre. "Mme P., elle fait peur à tout le monde. Quand elle traverse le couloir, elle regarde droit devant elle, et tout le monde s'écarte sur son passage." J'ai été surprise, un peu flattée -n'oublions pas que je bosse en ZEP-, on ne sait jamais comment on est perçus par les élèves. Quant au faire peur, j'avoue qu'il me laisse perplexe. L'avantage, c'est que tout cela me garantit un grand silence pendant mes cours, et c'est très appréciable. D'autant qu'il y a toujours des moments de franche rigolade. 
Cela dit, les élèves, je les aime. Même ceux pour lesquels il m'est arrivé de demander un conseil de discipline car ils étéiant éventuellement dangereux, ce n'est pas sans une certaine tendresse que je leur parle lorsque je les croise dans la rue. (J'habite tout près de mon lieu de travail). Hier, j'en ai rencontré un. Au super marché. Il avait, en théâtre, balancé le plus gratuitement du monde, un méchant coup de pied à un élève qui était allongé par terre pour faire un exercice d'impro. Il entre dans l'armée au mois de septembre, "tranquille". Grand sourire, aucune rancune, ce ne sont parès tout que des enfants en souffrance.

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Mercredi 27 février 2008 3 27 /02 /Fév /2008 09:37

Chacun son langage, chacun sa manière d'être. Trois situations identiques;

1 "Mort aux cons!" crie, excédé, un honorable citoyen à feu Charles de Gaule. Ce dernier le regarde attentivement et lui répond avec la hauteur que nous lui connaissons: "Vaste programme!'

2 "Connard", lance déjà plus prosaïquement un farouche détracteur à Jacques Chirac. Celui-ci, avec l'humour que nous lui savons le regarde et répond: "Enchanté, moi c'est Jacques Chirac".

3 "Touche-moi pas, tu vas me salir". Le niveau de colère et de haine augmente, pas étonnant au regard de ces huit mois écoulés. "Casse-toi, pauvre con!". On a désormais un président qui fait dans le premier degré.
Il n'a de recul ni par rapport à son ego, ni par rapport à sa fonction. Cours de récréation d'école primaire. 

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Mercredi 20 février 2008 3 20 /02 /Fév /2008 21:07

Je suis en vacances, et j'écris. Je suis en vacances, et je savoure. Je savoure de m'éloigner un peu de tout ce qui me met en colère, des discours de Sarko sur l'éducation à ceux tout aussi vains de la salle des profs. Ceux-là, je les apprécie surtout quand on se retrouve dans un bar pour boire un coup ou écouter un groupe en concert, ou encore lorsqu'il s'agit de dire des conneries autour d'un verre en oubliant le boulot. Et puis, je galope aussi. Toujours, encore et avec ce même plaisir qui me réconcilie avec les choses simples de l'existence. Je dors le matin, je fais l'amour,  attends avec impatience le retour des enfants. Une maison remplie de rires, de disputes, de moments espiègles et de complicité. No stress. Il ne faudra quand même pas que j'oublie, comme pendant chacune de mes vacances que j'ai du boulot dans mon cartable et que j'ai intérêt à le faire avant le jour de la rentrée. Parce que j'en ai beaucoup, trop même. Mais cela pourra attendre encore quelques jours, de galopades, d'amour, d'écriture et de sorties le soir. Sans oublier les siestes ou les grasses mat.

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Mercredi 6 février 2008 3 06 /02 /Fév /2008 09:08

Je travaille, lentement, sans états d'âme, tout glisse et rien ne m'atteint. Que d'apaisement cela me proccure! Le secret est de n'attendre rien de personne. J'écoute et oublie aussitôt, je hoche la tête en signe d'acquiescement, et sous-entend "démerde-toi", pareil en dehors du boulot. Tu m'as fait mal, tu m'as trahie, je te dis au revoir, adieu. Et je m'en vais, genre après moi le déluge. 
C'est très reposant car quand je rentre chez moi, finis le stress et la fatigue, les baisses de tension, le manque de sommeil,
les pétages de plomb. 
C'est aussi ma stratégie avec les élèves: tu ne veux pas que l'on t'aide? Je m'en lave les mains. Tu as bien réfléchi? Tant pis pour toi. Tu veux continuer de faire baisser ton niveau? Libre à toi. Fais-gaffe quand même, tu sais où ça risque de te mener? Bien...Et le soir, quand je rentre, je cesse de me torturer en me demandant si je parviendrai à les mener quelque part, souvent malgré eux. On ne peut aider que celui qui le désire.
Comment tu vas? tranquille...Ok, je sais au moins que pendant quelques temps il n'est pas en tôle puisque je le croise devant ma porte. Et je ne rêve plus de lui en culpabilisant de m'être plantée et de le savoir à la rue. 
Alors, je dors mieux, fais consciencieusement mon travail, leur dis ce que j'ai à leur dire, et que je suis là, si ils sont demandeurs, vraiment. Sinon, je m'en vais et m'occupe enfin de moi.

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Lundi 4 février 2008 1 04 /02 /Fév /2008 12:58

Je vais m'auto-flatter, mais de temps en temps pourquoi pas? Je commence à avoir un certain nombre de retours de personnes qui ont lu La Funambule. Ce qui revient systématiquement, est que l'histoire est très prenante et que lorsqu'on interromp la lecture, grande est l'envie de retrouver le personnage pour savoir ce qui lui arrive. 
Je le mentionne parce que pendant très longtemps, j'ai été persuadée que je serais incapable d'écrire par manque de souffle et de talent pour raconter une histoire. Donc ces remarques me rendent extrêmement heureuse et je remercie tous mes lecteurs qui m'ont f
ait ce si beau compliment.

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Samedi 19 janvier 2008 6 19 /01 /Jan /2008 08:39
J'ai connu l'ombre amère
Celle qui naît du soir qui tombe
L'âpre bruit du train qui passe
Et le fardeau du noir des tombes
J'ai vécu en me cognant
Dans les angles de ma tannière
Les soirées sans avenir
Et les matins dans les ténèbres
J'ai vécu la vaine extase
J'ai marché dans la lumière
Artifice de mes rêves
J'ai oublié jusqu'à mon nom
Ignorante! C'est donc le mien?
J'ai regardé dans ma mémoire
Coriace effroi des ans qui passent
Pour décrypter un avenir
Quarante années de voile et d'ombre
J'ai arraché des mots qui trompent
Leur verni et j'ai eu mal
Mal de mourir et de renaître
Mal des autres qui me voulaient muette
Reste toi-même on t'aime tant
Lâche faiblesse des ignorants
Non, et je créerai la vie et je m'inventerai
Et je m'aggriperai aux parois de mon gouffre
Et je pourrai choisir cette main qui se tend


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Mardi 15 janvier 2008 2 15 /01 /Jan /2008 17:25

Bilan de début d'année 2008: surmenage; 8 de tension; 39 de fièvre.

J'exagère, la fièvre est tombée.

Comment vous faites, vous, pour tenir le coup, mener une vie trépidente et être en perpétuelle forme? Comment fait-on quand on a envie de vivre, bouger, travailler, sortir, pour ne pas épuiser ses réserves, à fortiori quand on dort très bien?

Ca m'est tombé dessus comme ça, sans prévenir, samedi vers 16h 30. Avant, impeccable. Repos, a dit le docteur, prise de sang à domicile, comme une grande malade. Cause: surmenage, et les virus, le surmenage, ils adorent! Ils en raffolent!

Repos donc.

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Mardi 8 janvier 2008 2 08 /01 /Jan /2008 09:43

Je suis malade. Pas gravement, rassurez-vous, mais suffisemment pour me rendre chez le médecin, puis chez le pharmacien, munie d'une ordonnance en bonne et dûe forme. 
Il me donne mes médicaments, calcule le montant, et, comme d'habitude, je me dis que je n'aurai que quelques sentimes à payer. J'ai aussi une ordonnance pour mon fis, que la croissance fait souffrir de contractures musculaires. 
- Cela fera 17 euros 50, me dit mon pharmacien. 
- C'est la première fois que je dois payer autant avec une ordonnance! lui répondis-je aussitôt.
- Je sais...
- Et comment font les gens qui n'ont pas d'argent?
- Ils ne prennent pas les médicaments. 
- Donc ils ne se soignent pas?
- Non. 
L'autre jour, en discutant avec un ami, je lui disais que la société dans laquelle nous vivions me rappelait dangereusement celle du 19° siècle: la course au profit, les très riches et les très pauvres....Du point de vue de la santé aussi. Il ya ceux qui peuvent se soigner et les autres. ceux dont les enfants en pleine croissance n'auront qu'à pleurer le soir dans leur lit car ils ne parviennent pas à s'endormir.

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